Par Renée Valet-Huguet
Jusque lĂ un groupe suscitait les convoitises. Les enfants chĂ©ris des Trente Glorieuses. Actifs, nantis, ils couraient le monde, se gavaient de sports Ă la mode et de culture, rĂ©pondant Ă lâinjonction paradoxale de notre sociĂ©tĂ© : vieillir dâaccord, mais Ă condition de rester jeunes. Les nouveaux vieux. En cette pĂ©riode globalement confuse, le terme vieux est badigeonnĂ© de mĂ©pris, en clair, des bouches inutiles. Pas si sĂ»r.

Génération boomers
NĂ©s aprĂšs la guerre, attendus, adulĂ©s, le monde moderne sâest bĂąti autour de leur nombril : rock, magazines, cinĂ© nouvelle vague, bagnoles rapides, mini jupe, coiffure choucroute ; une gĂ©nĂ©ration au sourire supĂ©rieur, qui nâa connu que paix, prospĂ©ritĂ©, plein emploi. Et, le plaisir sans entraves. Plus tard, certains boomers ont cru pouvoir sâoffrir un bain de jouvence en troquant un foyer mĂ»rissant contre un autre, Ă©clatant de jeunesse. Puis, carte vermeil en poche, en pleine forme, la gĂ©nĂ©ration bĂ©nie restait Ă la proue, intellos mĂ©diatisĂ©s, professions libĂ©rales, artistiques, ou milieu associatif. Les femmes, elles, outre maints obstacles Ă franchir, devaient barrer la route Ă lâavancĂ©e de lâĂąge. Pour le moins une politesse, semblait-on leur dire, Ă coup de pub illustrĂ©e de filles diablement bĂąties. Les publicitaires ont horreur des vieilles, exceptĂ© pour vendre de la colle Ă dentiers. Le peu de femmes qui assument leur Ăąge sâentendent reprocher un « laisser aller », ou bien, devant leur apparence vieillissante on les traite en femmes dâexception, sorte dâhĂ©roĂŻnes.
Compartiment de vieux
Câest une sale petite chose infectieuse qui a calmĂ© lâardeur de nos fringants septuagĂ©naires, les prĂ©cipitant dâun coup dans le camp des vieux. Mais le vieux, que lâon appelle pudiquement aĂźnĂ©, câest lâautre, le dĂ©pendant. Partout on discourait sur lui, surtout on en parlait mal. Sans se soucier sâil Ă©coutait ou pas. « Le virus est dangereux pour les vieux ». VulnĂ©rables, coĂ»teux. On parlait de groupe et non pas de personnes. Un groupe qui aurait en multipropriĂ©tĂ© la vieillesse. « Violent, non ? », tonitrue une septuagĂ©naire active, qui a signĂ© le manifeste des 171 vieilles et vieux rĂ©fractaires. « On gĂȘne. Tous ces bruits selon lesquels les mĂ©decins devraient faire un tri entre les malades, pour accĂ©der Ă la rĂ©animation. Câest surrĂ©aliste. Et lĂ , plus question de tricher, lâapparence nây suffira pas », ajoute HĂ©lĂšne, comme une malice. Puis soudain, dans un rire « Je veux bien donner ma place Ă un jeune, Ă condition de pouvoir le choisir ».
La vie devant soi
ĂdifiĂ©es, nous avons repensĂ© Ă ce livre, Les promesses de lâĂąge, 2018, sagement, finement Ă©crit par Perla Servan Schreiber, qui affirme: « La vieillesse nâest pas ce que je croyais. Ă 75 ans jâaime mon Ăąge. Ai-je jamais tant aimĂ© ma vie ? Si on mâavait prĂ©dit ça Ă 20 ans, jâaurais ri. La longĂ©vitĂ© a tout changĂ© ».

Est-ce la malĂ©diction d’ĂȘtre vieux ? Anne Sinclair, journaliste, s’exprime pour tracts de crise des Editions Gallimard.

Créatrice depuis plus de quarante ans, Vivienne Westwood. 79 ans. Reine punk, militante pour le climat.

Lâenfant terrible de la mode, Jean-Paul Gaultier, crĂ©ateur depuis les annĂ©es 70. Lanceur de dĂ©fis.
Photo Benoit Tessier/Reuters
A droite : Catherine Looewe défilé Haute-Couture Jean-Paul Gaultier. Photo Rex.Sipa
Remarié en 2019, à 69 ans, pÚre à 70 ans, Jean-Charles de Castelbajac ne cesse de promener sa curiosité dans différents domaines créatifs. Et crée, mixant art et mode.

Photo Imaxtree
Toujours actrice, Ă 83 ans, Jane Fonda s’illustre dans Frankie & Grace (Netflix), depuis 7 ans, dissĂ©minant ainsi ses idĂ©es sur les femmes mĂ»res, ses messages d’activiste.
En 2018, Anne Sylvestre ses 60 ans de carriÚre par une tournée et un triple CD FlorilÚge.
Indomptable, Brigitte Fontaine, qui exhibe sa carte senior dans une chanson guerriĂšre : Prohibition. Amie des femmes : « Tout ce que jâai fait, câest pour les femmes, pour apporter ma petite pierre Ă lâĂ©difice pour la reconnaissance de la crĂ©ativitĂ© des meufs ».

Se souvenir de Bruit Bleu, oĂč il conseillait, vendait de la musique. Le lyonnais Bernard Seux, batteur, fonde il y a 10 ans le groupe Senorâs Blues, composĂ© de boomers. Ils se produisent un peu partout en France.



« La vieillesse ne devient mĂ©diocre que lorsquâelle prend des airs de jeunesse » Hermann Hesse
Photo de couverture Alain Boix






Super article, trÚs bien écrit et avec du fond ! Bravo !
R. đ
JâaimeAimĂ© par 2 personnes
Merci RĂ©gis. La situation actuelle m’a poussĂ©e Ă Ă©crire cet article.
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Merci et bravo Ă Renéé d’avoir pensĂ© Ă Brigitte Fontaine et Anne Sylvestre!
JâaimeAimĂ© par 1 personne
J’ai pensĂ© Ă toi en faisant la sĂ©lection, nous les aimons.
JâaimeJâaime
Excellent article. Oui, les « anciens » ont des choses à dire et à montrer. Jane Fonda formidable, Anne Sylvestre, ses chansons pour enfants, tous et toutes talentueux. Une pensée aussi pour des penseurs comme Edgar Morin.
Bravo
JâaimeAimĂ© par 2 personnes
Merci Claude. Oui, les penseurs, Edgar Morin ne dit que des choses justes et si intelligentes.
JâaimeJâaime
Excellent choix. Nous, les « anciens » avons des choses Ă dire et Ă montrer. Une pensĂ©e particuliĂšre pour la superbe et talentueuse Jane Fonda. Manque peut-ĂȘtre Joan Baez et Des penseurs comme Edgar Morin. Bravo
JâaimeAimĂ© par 2 personnes
Merci Claude. Le choix fut crucial, peu de place et jâai naturellement laissĂ© un bon espace Ă la mode!
JâaimeJâaime
GĂ©nial ! j’adore… Merci RenĂ©e
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Merci Nelly, je suis heureuse que tu aimes cet article.
JâaimeJâaime
GĂ©nial! Et ils continuent Ă influencer les nouvelles gĂ©nĂ©rations⊠qui naturellement pensent qu’elles ont tout inventĂ©!
JâaimeAimĂ© par 2 personnes
Exactement! Ils ne cesseront de bouger. Merci Manuelle
JâaimeJâaime
Ah ça fait du bien ce genre dâarticle, qui remet les pendules Ă lâheure. Efficace, documentĂ©, riche dâexemples et de moments « historiques » bons Ă rappeler Ă nos chĂšres tĂȘtes blondes et brunes. Rien ne manque. Tout est dit dâune plume lĂ©gĂšre, avec talent et humour. Bravo RenĂ©e
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Je suis tellement heureuse de ce que tu me dis, Elisabeth. J’ai eu Ă coeur d’Ă©crire cet article, tant je souffre de la façon dont on traite les aĂźnĂ©s actuellement. Et puis un petit coup de nostalgie, c’est bon pour la santĂ©.
JâaimeJâaime
Bonjour Renée
Quelle bonne idĂ©e que cet article. J’admire toutes ces femmes citĂ©es dans celui-ci et oĂč tu dĂ©veloppes avec beaucoup de soin et d’intelligence ce qu’elles reprĂ©sentent, vĂ©hiculent, transmettent encore. Ce sera jusqu’au bout, et pour le reste « on s’en fout » dirais-je. đ
Nous reconnaissons ici Ă la maison que nous en avons eu de la chance de vivre ces annĂ©es, et je suis d’accord.
NĂ©e en 1950, demi siĂšcle et non pas demi Ă demi pour les pensĂ©es parfois rebelles ou soumises, j’ai survolĂ© mes jeunes annĂ©es jusqu’Ă mes vingt ans, dans un milieu hostile et oĂč depuis Bruxelles, l’annĂ©e soixante-huit ne m’a pas du tout atteinte. J’ai Ă©tĂ© trĂšs investie dans mes Ă©tudes, vĂ©ritable bouĂ©e de secours dans ma ville de petite filles, de jeune fille jusqu’Ă vingt ans. J’ai adorĂ© aller Ă l’Ă©cole. Mes parents ne roulaient pas sur l’or. C’est aprĂšs que cette chance est venue au rendez-vous dont tu parles dans ton article, c’est le travail.
J’ai eu la chance Ă Bruxelles, d’ĂȘtre parfaite bilingue, papa NĂ©erlandais, maman Française. Je passais un examen obligatoire pour rentrer Ă l’universitĂ©, juste pour le plaisir et me lancer le dĂ©fi de le rĂ©ussir. Ce fut fait. Et lĂ le hasard dans ces couloirs d’un internat oĂč ces examens avaient lieu, j’ai une jeune fille qui m’interpelle et me dit :
-« Tu veux travailler ? »
– Mince me suis-je dit, quelle demande providentielle.
C’Ă©tait pour aller travailler dans une des plus grandes Ă©tudes notariales de la capitale. J’avais appris le Code Civil que j’avais adorĂ©, je connaissais, la stĂ©nographie, ou la stĂ©no, la dactylographie sans regarder les mains, comme en ce moment en tapant sur mon clavier, quel plaisir đ ! J’ai donc dit oui.
Lorsque je songe que maman m’a accompagnĂ©e pour me prĂ©senter, cela me fait bien sourire. Le style de l’Ă©tude, sombre, des bureaux en open-space, une personne Ă l’accueil dĂ©jĂ . Je devrais faire mes dĂ©buts avec le pĂšre honoraire de l’Ă©tude tenue par le fils, et aprĂšs formation rejoindre le rez-de-chaussĂ©e.
J’ai tout dĂ©couvert avec merveille. Et ai commencĂ© de suite.
Pour rĂ©pondre Ă l’article, ce fut non pas une kyrielle d’emplois, mais quelques emplois diffĂ©rents, oĂč j’ai eu la chance, l’opportunitĂ©, et surtout ces annĂ©es lĂ oĂč postuler parfaite bilingue Ă Bruxelles Ă©tait un immense atout.
Je rĂ©pondais Ă une annonce et j’Ă©tais prise aprĂšs entretien, quasi immĂ©diatement. (Que de chance j’ai eue).
Une voix qui m’a beaucoup servie. J’aurais dĂ» travailler Ă la radio, c’est ce que je pense aujourd’hui et qu’est ce que cela me plairait encore. đ
N’empĂȘche que dix ans dans le notariat, dix ans dans l’administration des ventes commerciales et intĂ©rim jusqu’en 1987. Ensuite bĂ©nĂ©ficiant toujours de la faveur de ce boom de l’emploi, j’ai travaillĂ© deux ans non stop comme intĂ©rimaire jusqu’Ă penser en faire mon travail principal. Heureusement que le hasard m’a portĂ©e vers d’autres activitĂ©s tout autant professionnelles et au grĂ© des annĂ©es avec l’expĂ©rience, et bien d’autres atouts, pour arriver en 1989 Ă rentrer dans la finance Ă la BnP Paribas, filiale Ă Bruxelles de Paris, la maison-mĂšre. L’intĂ©rim aprĂšs s’Ă©croulait et les employeurs prenaient le pouvoir. Une catastrophe.
J’ai travaillĂ© dix ans dans cette filiale. Je l’ai quittĂ©e en demandant mon prĂ©avis. Depuis cinq annĂ©es, la directrice me faisait un harcĂšlement moral en rĂšgle uniquement basĂ© sur la jalousie, c’est ce que je dĂ©couvre aujourd’hui, vingt ans aprĂšs.
En 2004 j’arrive en France et je me trouve devant une autre rĂ©alitĂ©. N’empĂȘche que mon travail fut avant tout le seul moteur qui m’a permis d’avancer, d’aller de l’avant malgrĂ© les vicissitudes de l’existence et de maintenir la tĂȘte hors de l’eau.
C’est intentionnellement que j’Ă©cris un peu cette sorte de curriculum vitae quelque peu succinct malgrĂ© tout. A trente ans la vie Ă©tait belle et bien plus tard encore. L’esprit Belge est je l’avoue fort diffĂ©rent de l’esprit Français. DĂ©solĂ©e pour les personnes Françaises qui me lisent. Nous sommes liĂ©es par l’histoire, imbriquĂ©es mĂȘme en supportant les invasions de toutes sortes pour acquĂ©rir notre indĂ©pendance en 1830.
Alors cet esprit quel est-il ? Je l’ignore. Etant sur trois Ă©ducations diffĂ©rentes. NĂ©erlandaise, Française, et Bruxelloise. J’adore la NĂ©erlandaise pour une forme de libertĂ© qui me convient trĂšs bien. Un peu froide et prĂšs de ses sous comme diraient certaines, ce n’est pas faux. Cela m’a beaucoup aidĂ©e l’Ă©conomie. đ
J’admire les femmes pour leurs divers combats, je ne suis pas fĂ©ministe dans l’extrĂȘme, je dĂ©teste cela.
Nous valons bien mieux que cela.
Mon cĂŽtĂ© Bruxellois, c’est ce que toutes les personnes Françaises aiment en venant visiter cette capitale. Sauf que les dessous n’en sont pas trĂšs jolis entre les deux diffĂ©rentes communautĂ©s qui s’opposent, Francophone, Flamandes. Cela c’est la politique et n’a rien Ă voir avec l’article.
Je reviens sur la publicitĂ© oĂč tu me rappelles celle des dentiers. Je me souviens de la salle de bains et la baignoire qui s’ouvre. Elle m’a toujours fait rire cette publicitĂ©. Et si « la vieille » que je suis avait oubliĂ© de vider la baignoire, par distraction, bien entendu.
Je te cite : « On gĂȘne. Tous ces bruits selon lesquels les mĂ©decins devraient faire un tri entre les malades, pour accĂ©der Ă la rĂ©animation. Câest surrĂ©aliste »
Ma rĂ©ponse, c’est honteux, choquant. Cela m’a tellement fait penser Ă ce film Soleil Vert (J’espĂšre que cela va fonctionner mon lien ?)
J’ai une pensĂ©e supplĂ©mentaire RenĂ©e. Que fait-on lorsque les articulations cĂšdent, le poids s’en mĂȘlent, d’autres maux liĂ©s Ă la gĂ©nĂ©tique ? Mon regard actuel est constamment attirĂ© vers les handicapĂ©s et leur rĂ©silience. Je me dis que si eux peuvent le faire pourquoi par les personnes qui souffrent de ces maux. Tu as vu ? Je fais les questions et les rĂ©ponses haha !!!
Il y a la solitude. Celle que j’ai entendue ce midi d’une femme dans un Ehpad qui pour la premiĂšre fois depuis quatre mois, ceci grĂące Ă une association sortait enfin de ce milieu enfermĂ©, et pouvait enfin voir les fleurs, les arbres, la nature. AccompagnĂ©es ou pas, tout le groupe s’est dĂ©lectĂ© de cette sortie. Nous avons la chance de ne pas y ĂȘtre. Il va falloir rĂ©sister Ă cette mise en quarantaine dĂ©finitive.
Je termine par une note joyeuse ce qui fut souvent le milieu dans lequel j’ai Ă©voluĂ©, la danse et puis le chant. Eux aussi font partie de ce club des « boomers ». J’avais trente cinq ans, lorsque je dansais et chantais en Hongrois, aujourd’hui ils continuent Ă se montrer sur scĂšne.
Un groupe qui chante une danse en rond Ă quatre. Deux couples. Ces personnes sont Ă peu prĂšs de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration que nous.
–
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Merci GeneviĂšve pour ce tĂ©moignage qui Ă©claire sur cette pĂ©riode bĂ©nie. Ton parcours est des plus intĂ©ressants. Ce fut un plaisir de suivre l’Ă©popĂ©e d’une jeune personne de culture mixte. Merci d’avoir citĂ© « soleil vert » qui est un film important. Et merci aussi pour cette musique particuliĂšre que tu nous offres en joyeuse conclusion. J’ai reconnu les intonations que j’avais entendu, enfant, alors que je sĂ©journais dans un camp de pionniers, Ă Budapest. Douce nostalgie. Merci.
JâaimeJâaime
Superbe article ! Je crois que c’est la divine Brigitte Fontaine qui incarne le mieux l’incroyable libertĂ© et crĂ©ativitĂ© que procure l’Ăąge. Et quelle audace pour dĂ©fier la « jeune gĂ©nĂ©ration », « Je suis vieille et je vous encule avec ma taille de libellule », il faut avoir beaucoup vĂ©cu pour faire cela avec classe !
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Nous sommes d’accord! Brigitte Fontaine reprĂ©sente l’impertinence des vieilles, leur libertĂ©. Car on peut s’en donner Ă coeur joie lorsque l’Ăąge est avancĂ©. Elle a toujours Ă©tĂ© imprĂ©visible, et les journalistes suaient Ă l’idĂ©e d’une rencontre publique. Je me souviens d’un dĂ©bat auquel j’assistai (promo d’un album de la chanteuse), oĂč l’intelligence de Brigitte Fontaine, Ă©tant en roue libre, avait vite mis Ă l’Ă©talage la platitude du journaliste, des questions presque ridicules qu’il posait parfois. Depuis ma jeunesse j’aime entendre cette femme. J’aime sa libertĂ©, son excentricitĂ©. Elle s’est entourĂ©e de personnes rares, son mari, et Higelin bien sĂ»r. Je suis contente que tu aies aimĂ© cet article. Ce fut pour moi un tel plaisir de l’Ă©crire. Je voulais tant parler, un jour, des baby boumers, ma gĂ©nĂ©ration… Bon dimanche Danielle.
JâaimeJâaime