Par Valentine
Le film est une auto fiction bouleversante d’une poésie intense. C’est sans contexte le film le plus intime du réalisateur, qui rassemble toutes ses douleurs. Douleurs physiques, chroniques ou psychologiques, douleurs du passé, Pedro Almodovar ne s’épargne pas. Tout au long du film nous avançons sur un chemin introspectif puissant.

« Est ce un film sur votre vie ? Non et oui. Absolument »
P. Almodovar
En Résumé :
Dans la narration, le réalisateur joué par Antonio Banderas ( qui à reçu la palme de L’interprétation masculine pour ce rôle), vit une série de retrouvailles réelles ou par le souvenir dans un présent ou la dépression et la solitude l’accablent. Une enfance modeste sauvée par la lecture et les études, la puissance de la relation à sa mère de son enfance à la fin de sa vie, et la déception qu’il lui a causé en tant que fils. Ses premiers amours et la découverte de son homosexualité par la vision d’un corps nu qui le rend littéralement malade. Ses premiers succès et la relation parfois complexe à ses acteurs. L’impossibilité évidente de séparer sa vie de son art et dans le film de séparer la fiction de la réalité. La relation aux addictions subie dans le passé, puis choisie comme réponse à l’angoisse du vide face à l’incapacité à continuer de tourner. La vie presque emprisonnée d’un homme dans son appartement comme celle du cinéaste à son art.
Ode au cinéma:
Son premier souvenir est celui d’un cinéma en plein air qui sentait à la fois « la pisse et le jasmin », et c’est dans cette opposition permanente entre souvenirs heureux et mélancolie profonde que Pedro Almodovar se définit et nous transporte. Il éprouve alors une reconnaissance profonde pour ce milieu qui le sauve de ses douleurs de lui même. Cette mise à nu apparaît alors comme salvatrice pour le cinéaste.
« Almodovar c’est un type qui donne la niaque au désespoir. «
Alain Riou

Ce film rend la douleur poétique, juste et esthétique et nous transpose dans l’univers de ce cinéaste de talent.
