Le vêtement, une force politique ?

Par Renée Valet-Huguet

Souvent casse-tête, très souvent plaisir, s’habiller n’est pas chose anodine : on se révèle. Pour les politiques l’exercice est encore plus délicat. L’important étant de plaire. À tout le monde. Alors, rester soi-même ? Se composer ? S’habiller contre soi ? Séance d’essayage

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot (LUDOVIC MARIN / AFP)

Qui l’eût cru !

Dans la vraie vie, lorsqu’un couple apparaît c’est la femme que l’on regarde. De même dans les groupes fixés par les photographes au festival de Cannes ou soirées people. Curiosité jalouse ? Des remarques parfois nous viennent. Rien de méchant. Mais l’inspection s’affine quand, sur une image, sur un écran se découpe la silhouette d’une femme politique. Les remarques se corsent. La presse, aux premières loges, scrute, rapporte, les réseaux sociaux ricanent. Une politicienne doit répondre à des attentes dont l’étendue va jusqu’à la toilette.
Les hommes politiques, eux, glissent entre les mailles de l’épineuse question, leur vestiaire étant soumis à des règles strictes. Toutefois le chic se cachant dans le détail, un oeil avisé discerne une épingle de cravate, des chaussures à l’anglaise impeccablement cirées. Las, la tenue d’un homme politique, son physique déclenchent aussi des remarques. Des sondages, réalisés de part et d’autre de l’Atlantique sont à l’origine d’une règle que nous livrent Gaëtane Morin et Élizabeth Pineau, dans Le Vestiaire des Politiques (Éd. Robert Laffont): lors d’une première rencontre, en direct ou à la télévision, l’impression du public relève à quatre-vingt-dix pour cent de l’attitude et de la tenue vestimentaire du nouveau venu. Ce qu’il va dire ne compte que pour vingt pour cent, au grand maximum. Presque tout pour le body language.
En politique, donc, un impératif : se parer nickel, ne pas rater son entrée, son effet. Comme au théâtre. Mais au fond, qu’y a-t-il derrière l’habit du politique ? Sa personnalité, ce qu’il doit incarner, ce qu’il souhaite être ? S’habiller demande réflexion, sachant que le vêtement est propice à aider ou ralentir une carrière ; un moyen de transmettre un message politique. Convoite-t-on une autre fonction ? On change d’habit.
Récemment, le candidat écologiste Yannick Jadot exhibait une cravate bleue, lui qui n’en porte jamais, pour, souligne-t-il, asseoir compétence, sérieux, crédibilité. Se conformer.

Femmes politiques, de la difficulté à trouver un style

En l’absence de codes vestimentaires, les femmes voient comme une évidence le tailleur-jupe. La politique craint les innovations. Les repousse. En 2012, Cécile Duflot, ministre du logement, habillée d’un jean évasé au premier conseil des ministres du gouvernement Ayrault, avait alimenté la presse, essuyé le tacle de Nadine Morano. Mais Roselyne Bachelot, ministre sortante des solidarités et de la cohésion sociale, avait tweeté, « Franchement, si le jean de #Duflot est fabriqué en France, elle a bien fait de le porter au conseil des ministres ! #Montebourg vérifie ».
Quant à la robe printanière de Cécile Duflot, elle fut huée à l’assemblée, souillée de propos machistes, Mais sous couvert de leçon vestimentaire, c’est sans nul doute la femme de tête que les hommes sifflaient.

Cécile Duflot, en jean. Premier conseil des ministres du gouvernement Ayrault, le 17 mai 2012. Photo LIONEL BONAVENTURE / AFP
Suite à l’épisode, la robe sera exposée au Musée des Arts Décoratifs, exposition « Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale« , décembre 2016 à avril 2017. Photo IPS PRESS/MAXPPP

Douchée, elle, par un tweet sexiste visant sa jupe, Nadjat Vallaud-Belkacem, au début du quinquennat de François Hollande, se montrera en tailleur-pantalon.
Rachida Dati, nimbée de luxe, cataloguée people donna prise à des critiques sévères. Mais son style séduira.

Michèle Alliot Marie, quand elle arriva à la Défense, étouffa d’un coup son goût de la mode. Tailleur-pantalon, gants, cheveux courts ; une plongée totale dans la fonction. Le calcul sera bénéfique, elle fut respectée.
Nous, nous attendions les apparitions de Fleur Pellerin, modeuse par excellence, qui s’habillait selon elle, des robes surtout, et de la couleur. De la fantaisie, que son arrivée au ministère de la Culture devait affadir.
Autre modeuse, Nathalie Kosciusko-Morizet, caparaçonnée du chic parisien, qui, sur elle, ne faisait pas totalement vrai.
Ségolène Royal a longtemps cherché son style. Une féminité, mais la dame semble peu apte à assortir les couleurs. Sa course à l’Élysée, en 2007, avait donné lieu à un relooking ma foi peu réussi.

Celle qui tranchait, criant à travers ses vêtements son adoration de la couleur : Marisol Touraine, féminine en diable, robes courtes, qu’elle choisissait parfois avec son père. Une élégante. Habillée sincère.

Travelling sur une époque fade

Panaché de dix-sept femmes et trente-deux hommes, le gouvernement Castex dévoile une « photo de famille » où le blanc tranche sur l’éternel bleu et noir. Les femmes, affranchies du tailleur-jupe qui avait régné pendant des décennies, nous paraissent habillées librement ; correctement, c’est tout. Et si Roselyne Bachelot se détache dans un blanc immaculé, on se plaît à l’évoquer vêtue autrefois de son tailleur rose.

Membres du gouvernement de Jean Castex. Photo Ludovic Marin / AFP

Et puis nous reviennent les souvenirs d’autres temps. Principalement les images de Simone Veil, ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Immuablement habillée Chanel, elle défendait à l’Assemblée son projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. 1975, l’époque où le fameux tailleur recouvrait la bourgeoisie. Le tailleur « donnait à Simone Veil une sorte de sécurité. Et c’est ça la mode : une femme doit se sentir protégée », disait Pierre Bergé.

Valéry Giscard d’Estaing à l’Élysée avec sa femme, Anne-Aymone, et ses ministres, le 30 novembre 1977. Photo James Andanson/ Getty Images)

« Les Juppettes », le tailleur est encore de mise !

Douze femmes au premier gouvernement d’Alain Juppé. Les jupettes. photo Droits d’auteur : Marc SIMON. Mai 1995. « À ces 12 femmes sont confiés des postes de secrétaires d’État ou des ministères de second ordre. Celles-ci sont ironiquement surnommées « les Juppettes ». Elles sont remerciées six mois à peine après leur arrivée. Le second gouvernement n’en comptera plus que 12,5 % [2] : 4 femmes sur les 32 ministres et secrétaires d’État.
Il faut attendre 2012 pour voir le premier gouvernement formé en parité exacte, sous la présidence Hollande
 » https://www.cairn.info/revue-histoire-politique-2007-1-page-2.htm

Le premier secrétariat d’État à la Condition féminine

Françoise Giroud. Photo AFP. « En 1974, Valéry Giscard d’Estaing  crée  le secrétariat d’État à la Condition féminine et place à sa tête la journaliste Françoise Giroud, également fondatrice du ELLE. Même doté de peu de moyens, ce secrétariat rattaché au Premier ministre est une avancée symbolique qui permettra l’élaboration de plusieurs grands changements » https://www.cairn.info/revue-histoire-politique-2007-1-page-2.htm

Nous avons demandé au créateur Franck Meunier (Rose Carbone) de nous croquer « sa » femme politique idéale.


Correctrice/Relectrice : Elsa de Breyne

Source : Le Vestiaire des Politiques (Éd. Robert Laffont)

Photo de couverture : Pixabay

25 réflexions sur « Le vêtement, une force politique ? »

  1. Fort intéressant. Ne pas oublier Marie-France GARAUD et ses Chanel, qu’elle portait fort bien. Il y a sur elle un passage intéressant des « Souvenirs, souvenirs »de Catherine Nay, elle-même fort élégante.
    Lorsque j’ai postulé pour un poste- à Paris, et c’était important, j’étais si jeune, le poste si sérieux. Je portais une robe aux genoux marine sans manches, avec liséré blanc au col, petits gants, petits talons, et manteau bleu ciel. Des yeux masculins m’ont adoptée, mon CV – mes 29 ans aussi. Et surtout. Ensuite, j’ai adopté le tailleur pantalon, pratique, les jupes maxi, etc. Paris à nous deux – puis à trois !
    Madame Veil faisait copier ses tailleurs qui n’étaient pas tous Chanel.

    Merci – amitiés 🙂

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    1. Tu as raison, France, Marie-France Garaud portait bien « ses Chanel » ; à cette époque le tailleur Chanel était l’uniforme de la bourgeoisie, et certaines journalistes l’avaient adopté, je pense à Edmonde Charles-Roux. J’aime bien ce souvenir que tu évoques, ta présentation pour obtenir ce poste, et je t’imagine fort bien, toi et ta tenue. Cela me ramène à l’époque où nous portions des gants quasiment toute l’année ! des petits chapeaux breton parfois, ou des capelines. À propos des tailleurs de Madame Veil, petite anecdote : La Maison Chanel, qui a dû être bien embarrassée ensuite, avait livré le même tailleur à Madame Chirac et à Madame Veil, et les deux dames se retrouvèrent à une soirée… Madame Veil a quitté sa veste…

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  2. Merci pour cette chronique! Un bijou.
    Une petite remarque: d’une époque à l’autre (1970 – 2020+), le sac à main a disparu. Les femmes ont les mains libres! Le téléphone « intelligent », glissé dans une poche arrière ou intérieure comme la tablette de chocolat, contient tout désormais…

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    1. Je suis heureuse, Geneviève, que tu soulèves ce qui me chiffonne : l’absence aujourd’hui du sac, et la présence par ailleurs inesthétique de ce téléphone portable serré dans une main jalouse. Merci de ton fin commentaire, d’avoir évoqué ce détail (qui tue) qui fait problème pour moi, et que je n’avais pas souligné.

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  3. Il est certain que le vêtement est une parure, qui, même quand elle dissimule ou fait semblant de mentir, révèle qui le porte, et les hommes comme les femmes d’ailleurs. En politique bien évidemment, et socialement d’une manière plus générale. Difficile d’associer Madonna et Bernadatte Chirac ou Claude Rich et Iggy Pop! Encore une fois Renée Valet Huguet décode et décrypte tout ça avec beaucoup de connaissances et plus qu’un soupçon d’humour.

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    1. Merci François ! Merci aussi de ta perspicacité, ta finesse, ton humour ! Tu as raison, le vêtement révèle, on a beau tenter de se planquer…

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  4. Évidemment j’ai adoré l’article comme tu peux t’en douter , je pense Jack Lang en Mugler, Fillon en Arnys, Barbier en écharpe ridicule, Sarko en prêt à porter du Sentier, Vauquiez en parka rouge Aigle ou en collants et béret folkloriques, Mélenchon en veste Mao 4 poches sur=mesures, Jadot en cravate de mariage de sa soeur, PCF et CGT très souvent en costumes gris ou clairs… Avec des souliers beige ! Villeny en lavallière et araignée, Philippe dont on suit l’évolution de barbe blanche………… Et Macron à qui tout va 😛

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    1. Merci Yvon ! Je sens ta jubilation à « habiller » nos hommes politiques, et le journaliste Barbier ! Bien vu ! Le col Mao de Jack Lang avait fait scandale, et pourtant c’était élégant. Mais qu’attendre d’une Assemblée, où, une année de canicule, les politiques avaient tombé la veste, et Philippe Seguin, alors président de l’Assemblée avait tonitrué « qu’est-ce que c’est que ce cirque »…

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  5. « La mode est un langage non verbal que l’on peut décrypter » R. Barthes

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  6. Très intéressant ce que tu dis de la façon de s’habiller des femmes politiques… Je te signale, mais tu l’as certainement lu également, le livre de Sophie Lemahieu « S’habiller en politique. Les vêtements du pouvoir de 1936 à 2022 » Édition du Musée des Arts Décoratifs. J’ajouterai seulement que l’habit ne fait pas le moine et que la forme ne doit pas cacher le fond. Le problème c’est que l’on a tendance à privilégier l’aspect extérieur quand on évoque les femmes politiques. L’égalité est peut-être pour demain !

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    1. Merci Claude ! Il est vrai que le style, le physique des femmes politiques restent un sujet pour beaucoup. Ce qui est surtout insupportable ce sont les remarques au sujet de leur physique, les hommes sont bien moins exposés, même si certains suscitent des remarques. Il y a aussi ceux qui comptent nombre d’admiratrices, je pense à Dominique de Villepin, que Madame Chirac, pourtant, appelait « le héron » ! Mais elle nourrissait à son égard un certain ressentiment ! Concernant le livre « S’habiller en politique », j’avais reçu le lien d’un court entretien sur France-culture entre l’auteure et une journaliste. Ceci un peu avant la sortie du livre, qui a eu lieu le 4 février. J’avais aussitôt demandé à l’auteure de m’accorder quelques minutes au téléphone, ayant des questions à lui poser ; je n’ai pas reçu de réponse, aussi je n’ai pu m’appuyer sur cet ouvrage.

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  7. Je déplore qu’en 2022 nos députés passent leur temps à scruter la tenue vestimentaires des femmes de l’Assemblée, plutôt que de résoudre les problèmes de la société … Il me semble que c’est un manque de maturité, un infantilisme navrant …

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    1. Croyons aux plus jeunes qui auront été élevé par des mères conscientes de ces problèmes… Un documentaire sur Simone Veil livre une anecdote : alors que l’un de ses fils avait eu, à table, une réflexion douteuse sur les femmes, elle lui avait versé de l’eau sur la tête ! Merci Sylvie de votre mot !

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  8. tenue vestimentaire (sans s !)

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  9. Quel défilé ! De la sculpturale Roselyne Bachelot (magnifique dans son manteau bleu européen) à la délicieuse Fleur Pellerin. Mais comme la mode vieillit vite ! Les Jupettes et l’aréopage féminin de Giscard semblent sortir d’un vieux livre d’histoire. Renée, tu devrais donner des conseils à Valérie Pécresse…

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    1. Oui, Danielle, « la mode vieillit vite »… Exit le tailleur-jupe ! Ce qui semble aujourd’hui d’actualité : le blazer. Auquel Valérie Pécresse paraît accorder grande importance. Mais franchement son blazer rouge… Elle aurait effectivement besoin de conseils ! Et tant pis si je sors du registre mode : elle aurait aussi besoin d’un coach, comme on dit maintenant, pour lui enseigner l’éloquence, mais hélas apprentissage difficile ! Merci Danielle d’avoir lu l’article. Puisque nous sommes dans un vieux livre d’histoire, voici deux lignes qui témoignent de l’avis de Benoîte Groulte, à propos des femmes ministres sous Giscard :« Ce n’est pas leur programme qui a intéressé Monsieur Valéry Giscard d’Estaing, c’est un sexe. On ne leur demande pas de faire quelque chose, mais d’être des femmes. » Éditorial de Benoîte Groult dans F Magazine, 10 janvier 1978…

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      1. Benoîte Groult, reviens !!! Mais si elle revenait, elle serait muselée. Alors, faute de pouvoir parler, admirons les jolies choses… Ton bel article me semble plutôt optimiste, esthétiquement parlant.
        Amitiés, Danielle

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      2. Merci Danielle, oui, faisons bonne figure ! enjolivons le quotidien ! mais quand même, réagissons si l’adversité allait trop loin ! Et relire Benoîte Groult, tempérer l’ardeur parfois contre productive de ses « petites filles » ! Amitiés.

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  10. Encore un bel article , bien intéressant. Il m’évoque une conversation récente sur le style des hommes et des femmes en politique. Je soulevais, je ne sais pas si tu seras d’accord, le fait que l’élégance se cache aussi dans le respect de sa morphologie. Une belle tenue sur la mauvaise morphologie peut faire rapidement banal ou mal habillé. Quand je dis cela, je pense particulièrement à la première dame du moment et son goût prononcé pour les épaulettes et les pantalons ultra moulants … Portés ensemble, morphologie en V : « Ca pique les yeux ! »
    J’ai toujours apprécié Roselyne Bachelot pour ses toilettes colorées !
    Côté homme j’aime beaucoup le look de Joachim Son Forget.

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    1. Merci Manuelle ! Bien sûr, et tu as raison, il faut que le vêtement s’accorde avec la morphologie. Et tu soulignes avec justesse le cas de la première dame, laquelle aurait du garder le style qu’elle avait « avant », moderne, un tantinet rockeuse, dans lequel elle était pépette. Or Vuitton, le patron étant un de ses amis, l’habille désormais, l’ennui c’est que la maison l’habille comme si elle n’aimait pas la première dame. Raide, vaguement militaire parfois, une catastrophe. Ah! Bachelot, son goût des couleurs, elle se détache vraiment dans un groupe. Sur son passage, à l’Assemblée, elle recevait des ordureries verbales, a-t-elle dit, genre S… Oui oui !

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  11. On pourrait écrire un article sociologique sur la tenue des femmes en politique… Les premières en tailleur-pantalon et aujourd’hui des robes, des jupes, un jean… On pourrait dire, que portait-elle, qui est-elle? Très intéressant de voir la politique et les femmes sous cet angle-là.

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    1. Merci Geneviève ! J’écris là ce que tu m’as dit en riant « Elles étaient moches, il y a longtemps, et de toutes, après, c’est finalement Giroud qui est la mieux ! »

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  12. Les jupes raccourcissent moins vite que les idées….

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    1. Je jubile à lire votre commentaire ! Merci !

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