Vintage : Au secours de la modernité

Par Renée Valet-Huguet

À l’heure où la morosité se propage, la mode se fait antidote, brandissant un remède : l’habit. Surtout le style et la fantaisie, comme une parade au masque. « Et moi et moi et moi », nous chante le Vintage

Illustration Thelma & moi

Faire la nique au masque

Cette saison où le port du masque est devenu une attitude citoyenne, beaucoup se sentent uniformisés, invisibles. Au début, les masques fashion épataient, puis doucement ils se sont fondus dans la masse. Peut-être que le masque, aussi original soit-il, traîne derrière lui une réputation de sinistrose. Une jeune femme dont nous connaissons l’extrême joliesse n’est soudain plus le point de mire, elle l’avoue, et fulmine. « Je suis dégoûtée. Je n’ai même plus envie d’acheter des fringues. » Nous sommes tentées de lâcher une remarque : le masque peut apporter aux physiques ingrats une certaine assurance, il cache d’un coup l’acné rebelle, une vilaine ride de côté, un nez disgracieux, un filet de bouche. Mais nous préférons faire du sur-place sur son moi à coup de suggestions. Et si elle se créait une mode à elle, en usant de ces petits riens qui vous donnent de l’importance. Étoffer sa carrure avec un peu de mousse, les années 80 ont vu le triomphe des épaulettes, soudain une femme devenait impressionnante. La presse, qui aime les grands mots, parlait alors de femmes guerrières. Notre époque est frileuse. Et relâchée. Au premier vent les cous disparaissent, enveloppés d’écharpes dévoreuses. C’est joli pourtant un cou entouré seulement d’un col en dentelle cousu à un sweat. Ou un col large et plat comme on les taillait en 1970, pelle à tarte, c’était leur surnom. En fait, les cols avaient l’ambition de donner aux femmes un port de reine. Se distinguer.

Dries van Noten Veste Vintage, boutique Piece Unique rue Franz Merjay à Bruxelles
Photographe @claire.rdb Modèle @elsa.zoune.

Pour faire face à l’épisode crucial, faire oublier le masque, la mode, qui absorbe tout, dévoile ses plans : abolissons la sobriété, l’étriqué. Déjà, bien des mois en arrière, on trouvait des pantalons baggy XXL, des vestes et manteaux généreux ; d’un confort égal à celui que nous avons béni pendant le confinement. Déployons-nous. Côté éclat, sont dispersées des boots couleur de berlingots, et, pour prendre de la hauteur, d’hallucinants talons en gomme agglomérée. Des étrangetés sorties droit des grandes maisons. Et puis des bijoux géants. Forcément chics et chers. Alors, opération mode débrouille.

Lyon capitale du Vintage

Ces vêtements aptes à se faire remarquer, ils existaient, depuis longtemps. Retrouvés, on les a baptisés en groupe : Vintage. Ou seconde main, pour les plus jeunes. Tous propres sur eux, droits dans leurs bottes côté éco-responsabilité, consommation raisonnée. Si aujourd’hui le Vintage est une pulsion de mode, il y a vingt ans les précurseurs passaient pour des originaux. Encaissaient parfois des réflexions vaguement dédaigneuses, « je ne vais pas acheter de l’occasion. »

Occasion occasion, est-ce que j’ai une gueule d’occasion, semble dire la robe, chinée chez Art Club rue Auguste Comte Lyon
Photographe @claire.rdb Modèle @elsa.zoune.


Nous étions de ces pionnières qui courrions les rares friperies de France. Et puis s’est risqué à Lyon, notre ville, cet ovni, « Le Marché de la mode Vintage. » à la Confluence. En plein air, une ambiance de kermesse, des stands débordants de raretés oubliées. Didier Ludot, le pape parisien du Vintage avait tracé un chemin de roses sur lequel il avait dressé des mannequins recouverts de modèles Haute-Couture. Du Saint-Laurent, rien de moins. Les yeux des visiteurs brillaient.
Le Marché fête ses vingt ans, l’événement prévu les 17 et 18 octobre 2020 est reporté. Save the date : 5 et 6 décembre. À la Sucrière. Chic !

Seventies Nostalgie. Freddy Mercury dans une veste étonnante. Source photo Marché de la Mode Vintage

Du côté des boutiques

Vintage, l’adresse préférée. Carrie Bradshop, 17, rue Romarin Lyon 1er. Tenue irréprochable, des pièces choisies avec exigence par Yvo et Patrick

Boutique Carrie Bradshop. Source photo Carrie Bradshop

Seconde main, l’adresse préférée. Troc Nippes, 138, cours Lafayette Lyon 3ème. Griffées ou anonymes, les pièces ont du cachet, une sélection impitoyable

Le total look c’est dépassé. On mixe : vêtements chinés avec du moderne, et des marques trouvées en seconde main. Et, pour une tournée lyonnaise des boutiques, Anne Terret, fondatrice de la conciergerie Emmodez-moi, se tient à votre disposition. Histoire de se faire un style, sans se tromper.

Photo de couverture Ginette 4000

13 réflexions sur « Vintage : Au secours de la modernité »

  1. Le rouge à lèvres me manque – mais j’ai repris le maquillage et le blush. Les yeux, toujours en vedette – j’avais eu de bons conseils d’une maquilleuse Chanel.
    Merci pour tes idées 🙂
    amitiés

    J'aime

    1. Merci France, comme tu as raison, les yeux, ne pas hésiter à forcer un peu, tu le sais, « les yeux ou la bouche » disent les pros, aussi comme on ne voit plus les bouches… Note, je mets quand même du rouge à lèvres, lorsque je retire le masque, je me retrouve complètement! Amitiés

      J'aime

  2. François Cohendsy 13 octobre 2020 — 6 h 53 min

    Et oi, et moi, et moi? Bon, je vais me contenter des mocassins (sans pompon!) recommandés par Renée!

    Aimé par 1 personne

    1. Ne jamais quitter tes mocassins… Bon! tu as quand même la veste de Freddy Mercury… Avoue qu’elle en jette. Tu dois pouvoir trouver sa soeur en Vintage. Mais nous penserons aux hommes…

      J'aime

  3. Confinement = rangement = vintage retrouvé !
    Nous apprenons à lire dans les yeux ce qui n’est pas si mal, notre sincérité retrouvée et notre joie de redécouvrir les magnifiques pièces YSL. Bel article!

    Aimé par 1 personne

    1. C’est exactement ça. Merci de votre appréciation. Le confinement nous aura été bénéfique, mais le coût est élevé.

      J'aime

  4. Très bon article rempli de bons conseils. Pour moi, l’important dans cette période difficile c’est de soutenir les plus fragiles, de sourire avec les yeux (maquillés, bien sûr) et de garder son style quel qu’il soit.

    Aimé par 1 personne

    1. Parfait. Les yeux sont devenus le point de mire, seul moyen de sourire. Merci Claude.

      J'aime

  5. Catherine Laboubée 15 octobre 2020 — 20 h 44 min

    Merci pour ce bel article qui ne m’a pas convaincue… Je l’étais déjà !
    Mes placards recèlent encore quelques trésors, et si je pouvais, je dévaliserais bien quelques boutiques !

    Aimé par 1 personne

    1. Oh! Mais je sais que vous êtes une convaincue! Merci Catherine. J’aimerais voir vos trésors.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

IMELDA ADVENTURE

SOYEZ VOUS CQR VOUS ETES INCROYABLEMENT STYLE BY NIA

The curious

All knowledges for the curious

Lazuli Biloba

Cadeaux, décoration et luminaires

Pas plus haut que le bord !

Site gratuit même pour les riches.

NSTM Planet

Editorial / Opinión

The Biveros Effect

To Travel is to Live

Le Parfum des Mots - Manga Berugi

Enivrez-vous avec les mots !

Marie-Anne-Keppers artiste autodidacte multiforme

Peindre, Dessiner, Écrire et Autres ... Créer pour le plaisir de partager mes ressentis, car sentir, c'est vivre !

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close