Pratiquer le prix juste : vers la fin du Black Friday

Par Valentine

Promotion, solde, braderie, destockage… Les marques ne sont pas à leur coup d’essai pour nous appâter. Tandis que les gros s’enrichissent de ses offres promotionnelles continues, les indépendants trinquent. 

@l’Adn

Pour autant les tendances de consommation évoluent : plus raisonnées, plus raisonnables en circuit court…la course aux prix barrés est à bout de souffle. Le consommateur lui même est perdu. Il a du mal à connaître la vraie valeur de ce qu’il consomme. A la veille du Black Friday nous tournerons notre regard vers ceux qui n’ont pas voulu y céder.

Historique

Le Black Friday a lieu le lendemain du Jeudi de Thanksgiving, soit le dernier vendredi du mois de Novembre, à un mois des festivités de Noël. Ce terme revêt plusieurs symboliques. L’appellation « Black Friday » apparaît en 1951 et désigne dans un premier temps, les longs week-ends des américains sur les routes du vendredi après-midi qui étaient alors“noires de monde”. Puis, dans les années 60, le terme fait référence à la foule de consommateurs venant effectuer leurs achats à un mois de Noël. C’est dans les années 70 que les enseignes utilisent ce terme, pour désigner le début des achats de Noël, et alors proposer une période de soldes et remises. Cette journée bat désormais tous les records de vente. Mais à quel prix ?

Son arrivée dans l’hexagone

Le « Vendredi fou » fait timidement son arrivée en France en 2013, pour croître de façon impressionnante au fil des années. En chiffre c’est 5,740 milliards d’euros attendus en France pour l’opération Black Friday en 2018, un français sur 2 comptait y participer*. Mais qui dit Black Friday dit surconsommation. Son bilan environnemental est désastreux : « Pollution numérique aussi importante que celle de l’aviation civilepillage des métaux rares pour fabriquer des smartphonesindustrie textile toujours plus gourmande en eau« * …. Vue sous cet angle la magie de Noël perd de sa splendeur. Les marques écoulent leurs anciens stocks, les collections sont mélangées, les chiffres des soldes bi-annuelles diminuent… Aujourd’hui, il est impossible pour les marques de ne pas pratiquer de ventes privées ou autre événement promotionnel pour survivre. Nous nous interrogeons : Que penser ? Quel est LE juste prix des choses?  Pouvons-nous même parler de frénésie et pulsion d’achat presque incontrôlables ? Ce qui est sûr c’est que les finances, elles, passent au rouge.

*Etude réalisée par RetailMeNot et CRR Research en 2018 sur le site de L’Adn

Vers la “remise” au placard

le 25 Novembre 2019, la députée écologiste des Deux Sèvres Delphine Batho a proposé un amendement “contre” le Black Friday’, alors adopté par l’Assemblée.

Des citoyens aussi le boycottent. Dans le viseur le mastodonte Amazon. La fondatrice de Boycott Citoyen, Carol Galand explique que « Les dépenses augmentent de 60% chaque année« . Sur le site de ce mouvement on trouve même un mode d’emploi pour se passer d’Amazon. « On nous fait croire que l’on fait des économies mais ce n’est pas le cas« . Dans une étude publiée par l’UFC Que choisir, l’association précise que « tous rabais confondus, les prix n’ont baissé que de 7,5 % en moyenne, soit très loin des 50, 60 voire 70 % de réduction mis en avant par les marchands.« * Ce 28 novembre 2019, 80 altermondialistes, se revendiquant non violents et écologistes, ont bloqué à coup de bottes de paille et appareils électroménagers l’entrepôt d’Amazon à Brétigny-Sur-Orges.

Photo du site Le Parisien

*Propos recueillis sur le site de France Inter.

L’opposition des indépendants

Beaucoup de marques et commerces indépendants s’y opposent également. Ils se servent des réseaux sociaux pour expliquer leur positionnement face au Black Friday. Pour certains l’argument est commercial:

Pour d’autres l’argument principal est la défense de la cause environnementale. Le responsable du développement durable de la marque engagée Picture explique cette position réfractaire: “Le Black Friday, c’est la déferlante de la surconsommation. Si on a besoin de nos produits on les achète, sinon il n’y a pas d’obligation. On est pas obligé de casser les prix tout le temps. Même si maintenant on peut fabriquer des vêtements biologiques, quelle est la cohérence d’acheter toujours plus de bio toujours. Peut-être qu’acheter un produit conventionnel et le garder 15 ans, c’est la meilleure des choses à faire. On veut pas être associé à ce genre d’opération, tout cela a un prix social et environnemental. » Prise de position nécessaire et argumentaire qui fait tilt pour nombre d’entre nous. Et vous Black Friday or not Black Friday? 

Nous ne pouvons que trop vous conseiller de vous faire plaisir pour la juste valeur des choses.

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