Razzia sur le vestiaire masculin

Par Renée Valet-Huguet

Le fabuleux destin de pièces destinées aux hommes, et qui passèrent doucement dans le dressing des femmes. Histoire d’une appropriation assumée.

Lauren Bacall et Humprey Bogart, acteurs, époux à la ville

Un certain malentendu

Selon le dénommé Freud les filles envieraient les garçons, elles voudraient « avoir aussi quelque chose comme ça ». Lointaine considération théorique que nous détournerons. Les filles enviaient surtout aux garçons une bonne part de leur vestiaire. Elles succomberont, irons jusqu’à leur piquer presque tout. Pantalon large, jean, chemise blanche cravate costume, bretelles, le trench, le blouson teddy, le perfecto, le treillis, la veste de chasse, et le fin du fin le smoking. Bonnet, feutre, mocassins, boots, derbys. Il reste aux hommes le slip.

Françoise Hardy années 70

Le trait blanc

Les années 20 ébranlèrent bien des certitudes, et la chemise blanche glissa dans le vestiaire féminin. Avant d’être traitée de symbole vestimentaire de la lutte pour l’égalité des femmes, elle n’avait été, au 19e siècle, qu’un vulgaire sous-vêtement. Seul le col et les manchettes comptaient. Aussi étaient-ils devenus des éléments détachables, choisis en fonction de l’occasion. Naturellement les cols blancs allaient aux employés de bureau, les cols bleus aux travailleurs manuels.
Greta Garbo, Katherine Hepburn, Marlène Dietrich communiquèrent leur désir de chemise blanche à des milliers de femmes. La rendant évidente. Forcément Marilyn Monroe la rendit sexy, alors que Grace Kelly la voulait élégante. Audrey Hepburn, elle, la boutonnera jusqu’en haut, pour parfaire son image de « jeune fille sage »

Photos source Pinterest

Tel un art

Certains créateurs joueront avec cet ancien uniforme de travail, d’Agnès B à Saint Laurent, Alexis Mabille, ils la ratiboisent, ou l’allongent jusqu’aux pieds, façon robe du soir, étirent le col ou l’arrondissent, même le sectionnent, copiant Mao, y ajoutent un plastron. Les femmes flattent la nacre des boutons les ouvrant à leur guise. Anne Fontaine misera tout sur la chemise blanche, hissant sa marque sur cette seule pièce.

Tombé impeccable beau coton

Uniqlo 100% coton 29,90 euros

Élégante, munie de détails

Inès de la Fressange. 100% coton. 175 euros. Boutique à Lyon 4, cours Franklin Roosevelt Lyon 6ème

Le trench se hausse du col

Il est vieux. Il a fait deux guerres mondiales. Dessiné par l’anglais Thomas Burberry en 1914, il se retrouve dans les années 40 à Hollywood, dégagé de ses obligations militaires. Revisité, ce manteau de tranchées imperméable habille, au cinéma, le journaliste d’investigation, le gangster soigné, un détective, un espion, et, la séductrice. Une odeur de film noir et de souffre. Fantasmé, le trench devint intemporel.

Humprey Bogart film Casablanca de Michael Curtiz 1942

Les femmes aussi

Photos source Pinterest

Enfin la rue se l’accapare, vers 1950. Mais, dans les années 60-70, glorifié par les collections de prêt à porter Rive Gauche Yves Saint Laurent, son succès se propage. Ainsi le style punk s’en empare. À la traîne, le milieu de la musique attendra les années 80-90. S’éparpillera alors le trench croisé aux dix boutons, beige de préférence, kaki ou ocre, le noir allant du côté des amateurs des styles gothique, métal, et industrial. Aujourd’hui il cavale toujours par les rues, tout tartan Burberry dehors, à prix d’or, mais pas que.

Comptoir des Cotonniers Trench coton 195 euros
Trench & Coat Modèle Cabourg trench long à capuche en coton bleu indigo 229 euros

La chemise blanche permet tout, pantalon 7/8 classique ou fantaisie, jupe cuir courte, accessoires. Manches relevées pour la décontraction. Petit plaisir: Se fourrer dans la chemise blanche de son amoureux, au saut du lit.

Le trench, bien fermé peut découvrir une robe glamour comme il planque le survêtement du week-end paresseux. Des alliés.

2 réflexions sur « Razzia sur le vestiaire masculin »

  1. Entre la garçonne et la femme fatale, chacune peut trouver son style dans la chemise de son mec ! Et on n’est pas obligée d’avoir un mec pour porter cette incontournable chemise blanche que j’adore, surtout en coton percale…. Merci Renée de nous rappeler que l’on peut être si élégantes avec ces classiques indémodables, qui sont donc à garder précieusement et impérativement dans sa garde-robe, donc non jetables car non éphémères, donc écolos ! A bientôt Renée pour la suite de vos chroniques réjouissantes. Bon week-end aux femmes d’ID ! Isabelle

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    1. Comme vous avez raison, Isabelle. Sur tous les points. Merci de vos commentaires si justes et si sympathiques. Les femmes D’ID les attendent quasiment! Renée

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